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"Un esclave" Je pleure de vos injures De votre calme, de mon agonie Je pleure de mon silence qui dit presque tout De votre audace a me proclamer fou Je pleure mes larmes qui vivent la sècheresse Dans ce monde ou l'on frappe sans tendresse Je pleure ma force ma détermination Mon courage, mon abstention Je pleure ma bonté, ma servitude Mon obéissance, mon incertitude Je pleure mon âme et ses désirs Ma folie te mes délires Je pleure mes rêves d'autrefois Ceux que je croyais voir, maintes fois Je pleure mon coeur qui ne rêve plus Sou prétexte qu'il a enfin su Qu’à vouloir bâtir, j'ai tout reconstruit Votre malice, maître, m'a démoli Je pleure la mort de ma personne, jadis Hier quand j'y croyais a la vie et ses délices Je pleure le passé, mes souvenirs imparfaits que Cet enfant de choeur vous asservissait Je pleure mon présent, cette amertume intolérable Toutes ces belles créations, cette vie misérable Je pleure mon futur, mes possibles déchirures Mon corps qui en résultera un jour d'une pure moisissure Je pleure, maître, que je ne puisse vous asservir Sacrifier tous mes biens pour vos instants de plaisirs Je pleure, reine de toutes les reines, de ne pouvoir Vous donner tout mon amour, vous combler chaque soir Je pleure, la raison n'est autre que je ne pleure pas Où tout simplement, un esclave ne le doit pas...
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